Recrutement, sélection, évaluation, réorientation

Publié le: 10 juin 2017



Se réorienter volontairement avant d'y être contraint ?

La robotisation, l’utilisation des processus d’intelligence artificielle et l’impact de la numérisation s’accélèrent et bousculent de plus en plus les services, après avoir changé le mode de production dans l’industrie.

Elle affecte profondément le monde du travail et les emplois – peu qualifiés mais pas seulement – en les transformant parfois vers des tâches à plus forte valeur ajoutée, en les supprimant, en en créant d’autres, avec comme conséquence la nécessité de se former en permanence pour assurer son employabilité et devenir ainsi acteur de son propre développement. Il est illusoire vouloir préserver certains emplois ; en revanche, il y va de la responsabilité de chacun de renforcer son employabilité.

Voici quelques exemples qui illustrent les changements en cours :

  • Les voitures automatisées transforment, voire remplacent l’activité de routier, de chauffeur et de livreur. Pourtant le pilotage des avions, largement automatisé, n’a pas abouti à la suppression des pilotes…
  • L’automatisation des caisses dans les grandes surfaces affecte le nombre de caissières, mais pourrait aussi transformer l’activité de celles qui restent en les centrant sur la supervision des caisses et le conseil aux clients ;
  • Les robo-advisors obligent les employés de banque à se préparer à de nouvelles activités ;
  • Les robots mobiles de surveillance remplacent les agents de sécurité dans les entrepôts ;
  • La domotique transforme la formation professionnelle des métiers du bâtiment ;
  • Les conseils automatisés aux clients réduisent les emplois dans les call-center ;
  • La traduction automatique, les lunettes connectées, les oreillettes Bluetooth (reliées au smartphone et au Cloud pour traduire ce que disent des interlocuteurs anglais, espagnols, portugais…) modifient l’activité du traducteur, même si la finesse sémantique échappe toujours à la machine ;
  • La distribution automatique des médicaments dans certains hôpitaux universitaires suisses menace l’emploi des assistantes en pharmacie ;
  • Des logiciels médicaux permettraient déjà de diagnostiquer certains cancers (poumon notamment), avec un taux de succès jusqu’à 90% contre environ 50% pour un médecin. L’activité des médecins sera appelée à se centrer toujours plus sur la relation humaine, dimension avec laquelle l’intelligence artificielle ne peut rivaliser, mais celle-ci complétera toujours plus leur pratique médicale et leur diagnostic ;
  • Les postulations en ligne, la lecture automatique des CV avec une sélection standardisée de mots-clés, comme aussi l’utilisation de certains logiciels (tel Precire) appliqués aux entretiens en ligne (qui permettent d’analyser, décortiquer la forme et le contenu pour en tirer un profil de personnalité), transforment l’activité des responsables du recrutement. L’ubérisation plus systématique du recrutement où chacun (qu’il soit employé de l’entreprise ou non) pourra s’improviser chasseur de tête, avec à la clé une prime mais aussi l’ouverture au copinage et à la cooptation. La nécessite de repenser son champ d’expertise et sa pratique s’imposent ;
  • Des logiciels comme « Quill » sont capables de produire des articles financiers et des comptes rendus sportifs, menaçant encore plus l’activité des journalistes déjà fragilisée par l’essor des technologies de l’information et de la communication – qui favorisent les pratiques du multimédia et les blogs amateurs ;

Le marché de l’emploi est constamment en mutation et ne se développe plus de manière linéaire. Il est indispensable que les systèmes d’éducation et de formation professionnelle prennent la mesure de ce nouveau virage en outillant les jeunes pour devenir complémentaires de l’intelligence artificielle et non victimes. Pour les adultes, davantage de passerelles et de perméabilité des systèmes de formation faciliteraient la reconversion professionnelle.

L’évolution des professions et des fonctions est inéluctable. Certaines personnes ont le potentiel intellectuel et la volonté de renforcer leurs compétences et qualifications, d’autres ont moins de moyens et sont plus hésitants à s’adapter. Chacun est appelé à trouver ses marques et à anticiper voire créer et implémenter des métiers d’avenir.

Faire le point et ouvrir la discussion auprès du Centre Dupont pourrait faciliter vos décisions et améliorer votre qualité de vie en vous orientant vers des responsabilités peu automatisables mais qui surtout fassent sens.

Dr Elisabeth LEO-DUPONT, Spécialiste en cheminement de carrière FSP - mai 2017

Article par :

Elisabeth Leo-Dupont

Fonction prof: ​Directrice du Centre Dupont SA

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